Deuxième présentation du PAG devant le CNT:Que d’interrogations sur la  possibilité de son exécution!

 

En l’espace de quelques  mois, la transition politique malienne est à sa  deuxième présentation du plan d’action gouvernemental devant le CNT (Conseil National de Transition). La répétition à court intervalle de cet exercice consacré par la constitution révèle toute la difficulté au sommet de l’Etat à trouver sa voie. A ce rythme, la possibilité d’une prolongation redoutée par la classe politique n’est pas à écarter.    

Après Moctar Ouane, le deuxième  premier ministre de la transition était face aux membres du CNT le vendredi 30 Juillet 2021. Objectif, présenter à l’organe législatif de la transition le plan d’action  gouvernemental. Décliné en quatre axes, le plan d’action présenté par Choguel Kokalla  Maïga va coûter plus 2050 milliards de nos francs. Contrairement  à Moctar Ouane dont le programme avait été jugé trop ambitieux, celui de l’actuel Premier ministre suscite  déjà au sein de l’opinion nationale des interrogations sur la  possibilité de son exécution  au regard du temps restant  et de l’importance des ressources à mobiliser  pour sa réalisation. En effet, devant les membres du CNT, le Premier ministre a dévoilé le programme du gouvernement qu’il entend mettre en œuvre. C’est sans grande surprise que l’on  retrouve les préoccupations de l’équipe précédente à savoir : la sécurité, l’organisation des élections générales, l’apaisement du climat social et l’amélioration de la gouvernance. Rassurant ses interlocuteurs sur le respect du  délai  imparti à la transition, Choguel Kokalla Maïga  a exposé les dispositions qu’il entend prendre pour améliorer la sécurité  sur l’ensemble du territoire. S’agissant des autres axes du programme d’action, le PM n’a pas manqué  de donner des explications assez fournies  pour l’atteinte des objectifs. A priori, les propos du Premier ministre ont répondu  à l’idéal de l’ensemble de la population sans pour autant dissiper les craintes.

Au regard de la persistance  de la crise financière qui frappe le pays depuis plusieurs années sans parler de la réticence des partis politiques à toute idée de prolongation de la transition, la tentation de considérer  le plan d’action de Choguel Kokalla  Maïga comme un agenda de bonne intention dont la réalisation est sujet à caution est plus forte. Malgré la réduction du plan d’action qui est passé de 6 à 4, la ressource financière nécessaire à la réalisation de ce plan d’action  reste un défi dans un pays qui peine  à satisfaire la  forte demande sociale  depuis  plusieurs années. L’espoir suscité par l’allègement  du plan d’action a cédé la place au doute et à l’inquiétude avec les détails donnés par le Premier ministre. A défaut d’avoir les moyens de sa politique, ne vaut-il pas mieux de faire la politique de ses moyens ? comme nous rappelle le vieil adage. Nonobstant, il a obtenu l’adhésion de l’écrasante majorité des membres du Conseil National de Transition et disant mesurer la portée de cette confiance placée en lui et son gouvernement.

Choguel obtient la carte blanche des membres

Les débats sur le document de projet après avoir été exposé devant le Conseil National de Transition ce lundi 02 août dont il a décliné la teneur en quatre axes et des objectifs spécifiques, la réalisation certes sera fastidieuse avec un chronogramme détaillé de sa mise en œuvre. Il s’agit entre autres,  notamment le renforcement de la sécurité sur le maillage du territoire national, les réformes politiques et institutionnelles, l’organisation des élections générales et la promotion de la bonne gouvernance et l’adoption d’un pacte de stabilité. C’était le lundi 02 aout dernier le clou après l’analyse faite par les membres du CNT, qui lui adressaient des questions orales  afin d’élucider leur lanterne, avant l’adoption qui a accueilli l’adhésion de 102 voix, 2 contre et 9 abstention.  De son passage au pupitre pour répondre aux nombreuses questions, le Premier ministre Dr Choguel Maiga affiche la volonté de changement pour un Mali capable de relever les défis majeurs tant dans tous les domaines. Devant les membres du CNT, il s’est voulu très rassurant pour l’exécution de son PAG sûrement adossé aux moyens dans un contexte difficile sur le plan économique et sécuritaire, mais qui permettra le Mali de prendre sa vitesse de croisière surtout en organisant les élections crédibles et transparentes. Cependant il admet malgré les tiraillements au sujet de la mise en place de l’organe unique qui se chargera de la gestion des élections, ne devraient pas détourner l’attention  de sa faisabilité car ce sujet mieux qui alimente le débat autour de la transition est illustrateur de bien de cause de cette crise transformée en multiforme. En deux passages devant les membres du CNT après l’exposé pour la seconde vague des questions et réponses, ce qui a permis le Premier ministre de défendre son projet, mais quant à lui, n’exclut pas de parfaire en comptant sur l’accompagnement de l’organe législatif et de contrôle de l’action gouvernementale de son PAG dans sa phase prochaine d’exécution.

A l’en croire seul le pragmatisme aujourd’hui doit répondre aux aspirations des maliens. Le projet du plan d’action gouvernemental qui se révèle très ambitieux coûtera au budget d’Etat pour sa mise en œuvre qui continue de susciter de polémique. Choguel Maiga, le Premier ministre devant les membres du conseil national de transition rassure. Certes il est adossé aux moyens financiers de l’Etat sans lequel est nul et sans effet car, selon lui devant tous grands défis à révéler, il faut de grands moyens financiers. Le vote de la loi des finances modifiée devrait attester la mise en œuvre. Pour Abdine Koumaré, membre du conseil national de transition intervenant lors de débats si aucune action n’est possible sans un climat apaisé, alors que le tissu social très ébranlé dans le pays  interpelle l’expertise en toute vérité le Premier ministre doit s’en inspirer. Les questions ayant trait à tous les domaines ayant fait l’attention du gouvernement, s’est dit convaincu. En rapport avec l’éventuelle assise nationale sur les réformes politiques et institutionnelles que le Premier ministre veut organiser, que dira-t-il au cours de cette assise et pour dire quoi de nouveau sur le mal du pays, qui n’a pas été dit ? S’interroge un intervenant. Ne serait-il pas une assise de trop ? Mais plutôt qu’il faut voir le délai imparti pour la transition. Idem pour la création de l’organe unique de la gestion des élections. Face à toutes ces inquiétudes soulevées par les différents intervenants, Choguel Kokalla Maïga tout en restant serein et optimiste selon ses propos rassure. Il a, par moment, été acclamé par la salle. Les émotions de la rue priment sur l’essentiel, a-t-il regretté car il y a l’opinion internationale mais aussi, il y a la réalité du pays. Le document soumis aux membres du CNT, si certains l’ont souligné comme bon nombre l’absence des réalités du pays tel que notamment l’emploi, l’eau et la cherté de la vie. Choguel en réponse, a martelé que c’est une lecture restrictive de son PAG. Au cours de la deuxième vague de questions/réponses, il convainc ses interlocuteurs de l’engagement du gouvernement et du président de la transition, mais qui nécessite l’inclusivité malgré les divergences, reconnaissant de son passage que nous sommes en démocratie.  La réalisation de ce plan d’action est axée à cheval entre 2021 et 2022. Choguel reconnait qu’il ne faut pas jeter l’anathème sur tous ceux qui étaient avec l’ancien régime mais certes, certains n’étaient pas d’accord avec lui, dénonçant  tout ce qui était proposé, a été arrangé dans les tiroirs. Cela, dira-t-il que son PAG est une rupture de la perpétuité des pratiques anciennes et qui n’est même plus possible. Il répond à ses détracteurs évoquant l’absence de certaines priorités vitales pour l’amélioration du cadre de vie des concitoyens dans le PAG, que c’est une lecture restrictive de son document. Dans toute son intervention, il apparait comme un Premier ministre très proche des maliens, même s’il arriverait à mettre en œuvre 2/3 de ce plan d’action gouvernemental car au Mali la question de délai est un faux débat, mais seulement l’on ne travaille pas à la hauteur des exigences des concitoyens. Il a rappelé que son PAG au préalable a été constitué en rencontrant toutes les forces vives de la nation et en insistant surtout que la transition repose sur trois piliers, à savoir : sécuritaire, social et les réformes politiques et institutionnelles, avant son adoption qui a obtenu l’adhésion de l’écrasante majorité de 102 voix, 2 contre et 9 abstention. A la fin des travaux après le quitus des membres du CNT, il a souligné qu’il s’engage avec son gouvernement de ne pas décevoir et qu’après les membres du gouvernement et membres de l’organe législatif de la transition puissent se rencontrer sans complaisance partout au Mali car la nation dans son ensemble a soif de la paix et de la stabilité d’antan du Mali. Et le CNT dira à travers son président, Malick Diaw y veillera dans le cadre de sa mission de contrôle des actions gouvernementales pour la mise en œuvre efficiente et efficace du PAG.

La rédaction

Source: Le FORUM

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