Crise multiforme au Mali: Et si l’on traduisait les discours patriotiques en acte !

De l’éclatement de la crise multiforme à nos jours, tous les Maliens s’accordent à dire que la solution de nos maux passe par l’unité et la cohésion sociale. L’existence de nombreux partis politiques et regroupements de la société civile au nom évocateur (Fasoko, An ko Mali doron, an ta ye Malikoye, fasoyiriwaton…)  est le symbole vivant de ce souhait. Pourtant, neuf ans après l’éclatement de la crise, l’Etat du pays est loin de s’améliorer. N’est-il pas temps de traduire en acte  tous les discours patriotiques ?

Le contraste entre les discours patriotiques et la fracture sociale ambiante est si saisissant que l’on ne  peut que s’interroger sur la sincérité des appels incessants à l’union sacrée autour de la république. Tensions sociales, dissensions politiques dénigrements et diffamations sont devenus des constantes d’une période marquée par des défis qui menacent la république jusque dans son existence. N’eut été ce contraste saisissant, on aurait hissé le peuple malien sur la plus haute  marche du podium du patriotisme. Chacun prêchant pour sa chapelle, le Mali est depuis fort longtemps victime de l’incapacité de ses fils à trouver un consensus autour des priorités. Les conditions dans lesquelles se sont tenues la conférence d’attente nationale et le dialogue national inclusif illustrent cette incapacité  des Maliens à s’unir malgré  la gravité de la situation. Qui cherche-t-on à berner ?  C’est la question qui mérite d’être posée au regard du rythme de la détérioration du pays  malgré les multiples discours au relent patriotique. Coincé entre les politiques en chute de popularité et une population désabusée, le bateau Mali opère dans les eaux troubles d’un patriotisme virtuel sur fond de recherche permanente de bouc-émissaires. N’est-il pas temps que chacun s’interroge sur  la nature de sa propre contribution à l’édification de la nation Mali ? Dans un pays où la banalisation s’est érigée en mode de gouvernance  et de comportement social, est-il besoin de chercher des responsables au malheur de ce pays ? Victime de son passé colonialiste, la France fait figure de bouc émissaire idéal pour tous ceux qui persistent à perpétuer les anciennes pratiques qui sont à l’origine de tous les maux qui frappent le pays. Comment en est-on arrivé là ? La réponse à cette question  révèlera au grand jour le ou les responsables de la situation actuelle que le pays traverse.

A l’instar de tous les Maliens, dans son discours d’investiture, l’ancien président  de la transition Bah N’Daw a mis le doigt sur  les maux qui rongent le Mali  dont la corruption encouragée par l’impunité et la banalisation généralisée. Sommes toutes, les signes d’un patriotisme agonisant au service des intérêts individuels  ou partisans d’individus  loin des zones en proie à l’insécurité et  à l’abri du besoin. Slogan creux depuis longtemps, le patriotisme est devenu l’affaire de ceux qui subissent en plein les conséquences de la détérioration du pays. Le cri de détresse des populations des localités sous embargo djihadiste et celles  vivant dans l’angoisse permanente d’attaques témoigne leur attachement à une nation qui bat de l’aile depuis plus de 10 ans à cause de la complaisance  populaire aux  choix politiques  aventureux.

Aujourd’hui, n’est pas temps de traduire tous les discours patriotiques en actes pour sauver le Mali ?

La rédaction

Source: La PLUME

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