France:Un magistrat qui proposait à des inconnus de violer sa fille mineure sera jugé début 2022

Le procès du magistrat mis en examen pour avoir proposé sur Internet à des inconnus de violer sa fille de 12 ans, récemment révoqué de la magistrature, devrait se tenir « début 2022 », a indiqué ce vendredi 23 juillet dernier, le procureur de la République de Besançon, où est instruite l’affaire.

La juge d’instruction vient de boucler ses investigations et devrait décider d’ici « l’automne » si elle le renvoie devant le tribunal correctionnel, a indiqué à l’AFP Etienne Manteaux. Dans l’hypothèse d’un procès, il devrait se tenir « début 2022 », a-t-il estimé.

Olivier B, 55 ans, a été révoqué le 13 juillet par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). La révocation est la sanction disciplinaire la plus lourde qui peut être prononcée à l’encontre de ce magistrat.

 « Un risque objectif de passage à l’acte »

Professionnel aux évaluations jusqu’alors élogieuses, il exerçait auparavant comme vice-président du tribunal judiciaire de Dijon où il coordonnait le pôle des affaires familiales. Interpellé le 4 juin 2020 et placé sous contrôle judiciaire, il est depuis mis en examen pour corruption de mineur et « provocation non suivie d’effets à la commission de crime de viol et de délit d’agression sexuelle », des infractions punies de dix ans d’emprisonnement en France, selon le code pénal.

Il a reconnu les faits, mais assure qu’il ne s’agissait que de fantasmes jamais concrétisés. Toutefois, un « rapport très complet d’analyse » de deux de ses smartphones, versé en juin au dossier, écorne ce système de défense, a insisté Etienne Manteaux. Le rapport montre en effet qu’entre janvier 2020 et fin mai 2020, Olivier B. était en contact avec un « partenaire sexuel » que lui et son épouse fréquentaient régulièrement dans le cadre de « relations échangistes », relate Etienne Manteaux.

« À partir de 2020 », il propose à cet homme des scénarios « qui mettent en scène sa femme et sa fille », poursuit le procureur. « Des rendez-vous sont proposés », qui n’aboutiront toutefois pas en raison du confinement, ajoute-t-il. « On n’est pas dans une simple et pure fantasmatique, il y avait un risque objectif de passage à l’acte », a poursuivi le procureur, qui va donc requérir le renvoi d’Olivier B. « pour instigation à commettre des viols, des agressions sexuelles et des faits de corruption sur mineur ».

AFP

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