Politisation des affaires judiciaires:La nouvelle parade des personnalités

 

L’affaire Adji Sarr  qui est loin d’être un cas isolé soulève la problématique du respect des lois par les personnalités et l’éternelle question de l’indépendance de la justice.

Partie d’une plainte de la masseuse Adji Sarr contre le député sénégalais Ousmane Sonko au sommet de sa popularité, ce qui n’était qu’une simple  affaire judicaire  a très vite pris une tournure politique qui a ébranlé le pays de la terranga.

Au Niger, l’affaire du trafic d’enfants dont le présumé responsable est un homme politique présenté comme l’homme qui fait trembler le régime a connu le même traitement.

La population, indifférente à la gravité des accusations prend fait et cause pour la personnalité et condamne au silence la victime. La politisation des affaires juridiques qu’on retrouve partout dans le monde semble devenir la nouvelle parade des personnalités pour échapper à la justice. Soutenues par leurs partisans, les personnalités politiques se hissent au-dessus des lois de la république tout en soutenant qu’elles sont légalistes et respectueuses des mêmes lois. Dès lors, la conception de l’égalité devant la loi est sélective. Sans l’admettre, les personnalités qui font obstacle à la justice par des manœuvres de toutes sortes confirment qu’il y a d’une part des gens  qui font appliquer la loi et d’autre part des gens à qui elle est appliquée.

Dans le cas d’Adji Sarr, comme dans les cas similaires, la population se substitue à la justice et condamne la victime au prétexte que les accusés sont victimes de règlements de compte politique. Y’a-t-il meilleur endroit pour élucider une accusation que l’enceinte des tribunaux ? Aujourd’hui, on n’est pas loin de penser que certains statuts rendent intouchables au regard de la croissance du nombre d’affaires en souffrance dans les tribunaux  sans parler des simulacres de procès au dépend des victimes. Au-delà des obstacles liés à l’organisation de la justice, la politisation des affaires judiciaires vient rallonger la liste malgré la détermination de la famille judiciaire à mener sa mission.

Au cœur des débats futurs sur l’indépendance de la justice, l’éthique des hommes politiques et des personnalités en général prompt à s’abriter derrière l’argument du règlement de compte politique doit faire l’objet d’une attention particulière pour bannir à jamais l’existence d’hommes et des femmes au-dessus de la loi.

Bouba Sankaré

Source:Le FORUM

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