L’avenir du franc CFA :Des avancées, mais la rupture tant souhaitée n’a pas été réalisée

Après plusieurs décennies de conciliabules entre les chefs d’Etats de la zone Franc sur le sort  du CFA, cette monnaie qui a fait couler beaucoup d’encres et des salives, est sur le point d’être scellé. Au cours d’une visite du président français en Côte D’Ivoire courant  Décembre 2019, l’annonce de la mise en circulation de la nouvelle monnaie  dans la zone UEMOA a été faite par le président Alassane Ouattara.

En 2020, les 8 pays de l’UEMOA auront leur nouvelle monnaie qui se nommera ECO. Cette perspective qui devait faire la joie de l’opinion nationale des pays qui partage le CFA est accueillie  avec une certaine indifférence et surtout un arrière-goût d’inachevé à cause du maintien de l’essentiel des liens avec la France. L’absence de la France au conseil d’administration de la nouvelle monnaie et la domiciliation des réserves de devise sur le continent sont des avancées significatives mais, la parité et la garantie assurée par la France est loin de satisfaire les anti-CFA.

Partisan  d’une parité flexible liée à un paquet de monnaie, le Nigeria abonde dans le même sens et entretient le suspense sur  sa rentrée dans l’ECO pendant que le Ghana joue à la prudence. La rupture totale souhaitée par une bonne partie de l’opinion n’a pas été réalisée. Fidèle à leur tradition, les chefs d’Etats africains, ont présenté une fois encore, la coupe à moitié vide ou pleine, selon les sensibilités. La peur de prendre son destin en main dans un monde de compétition a sans doute motivé le choix  de rester dans l’ombre du protecteur français. Au nom de la stabilité et de la convertibilité garanti par la France, l’Afrique de la zone ECO se contentera de la plus petite des marges  que lui accorde le changement de nom. Que nous réserve la nouvelle monnaie ? Au-delà des discours politiques et les démonstrations techniques en faveur de la nouvelle monnaie, le doute et la crainte subsistent sur l’efficacité et le rendement d’une telle entreprise qui au demeurant est au cœur d’un imbroglio après plusieurs décennies de concertations entre les décideurs.

Au regard du résultat, on peut sans risque de se tromper que la souveraineté monétaire affranchi du tutorat français n’était pas au cœur des préoccupations de nos chefs d’Etat. L’Eco serait-elle un outil fiable et suffisamment robuste pour booster à hauteur de souhait  l’économie des pays de l’UEMOA ?

Bouba Sankaré

Source:Le FORUM

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *