Harouna Modibo Touré, ministre de la jeunesse et des sports  :Vers un rayonnement du sport malien

 

La migration des sportifs était au cœur d’un débat animé par le réseau des Reporters Culturels et Sportifs le mardi 24 décembre 2019 au palais des sports Salamatou Maïga. Par ce choix, la nouvelle génération de reporters révèle toute sa maturité en se penchant sur l’envers du décor d’un phénomène qui ne fait pas que des heureux.

Après la génération Salif Keita qui fait figure de précurseur, la migration des sportifs a pris de l’ampleur au fil des ans à cause de l’attrait sans cesse grandissant de l’étranger d’une part et du manque de perspective d’avenir pour la nouvelle génération de footballeurs et de basketteurs du continent en général et du Mali en particulier. La réussite des joueurs comme Mahamadou Diarra Djila, Seydou Keita, Amsétou Maïga  et plus récemment de Sékou Koïta, Diadié Samassékou… constitue des sources de motivation pour de nombreux jeunes qui  n’aspirent qu’à tenter l’aventure pour profiter de l’ambiance festive des championnats mais aussi pour se mettre à l’abris du besoin.

Derrière les quelques réussites,  de nombreux jeunes auxquels la chance tarde à sourire  ou n’a pas souri du tout constituent l’envers du décor  qui interpelle toutes les autorités sportives. Loin des caméras et des espaces médiatiques, ces jeunes tétanisés par un retour prématuré synonyme d’échec, continuent de frapper désespérément les portes du sport d’élites sans succès. La morosité des championnats locaux et la modestie des résultats sur le plan mondial constitue l’autre revers de la médaille. Du fait de la migration croissante de sportifs, nos stades et nos salles sont orphelins des jeunes talents qui jadis les faisaient vibrer.

Le thème : « migration des sportifs cas du basket et du football » ne vise  pas pour autant  à faire le procès de la migration des sportifs, mais de jeter les jalons d’une réflexion poussée sur l’organisation et la gestion des sports dans nos pays afin de créer les conditions d’un épanouissement harmonieux  du sportif. Ainsi,  la migration deviendra un choix et non la seule alternative  pour nos jeunes.

A priori, le départ massif des sportifs vers d’autres cieux peut s’expliquer par l’attrait des avantages matériels et surtout financiers. Cependant, l’organisation, la gestion et la politique sportive qui prévalent dans nos pays depuis fort longtemps, sont plus que déterminants parmi les causes de la migration. L’instabilité des fédérations et  les scandales financiers qui ont marqué la décennie, conjugué au manque d’ambitions des politiques sportives et la lenteur  des clubs à évoluer vers le professionnalisme,  révèlent l’ampleur du défi à relever. Il est plus que nécessaire que les fédérations et autorités sportives soutiennent les efforts de développement du sport entrepris par la CAF et la FIBA depuis plusieurs années par des réformes en profondeur tant au plan politique qu’administrative de tous les sports. En effet, ces deux instances sportives en Afrique n’ont jamais cessé de multiplier les initiatives pour hisser le sport africain au niveau de celui des autres, mais force est de constater que les résultats escomptés peinent à se réaliser à cause de l’amoncèlement des défis.

Le continent regorge des jeunes talents qui ne cherchent qu’à vivre leur passion dans un environnement approprié pouvant garantir le plein épanouissement matériel et financier. Des efforts colossaux ont été fournis dans le domaine des infrastructures et la formation des cadres dans tous les pays du continent, il reste les défis du rehaussement du niveau des championnats qui ne drainent plus foule et l’épineuse question du traitement matériel et financier des sportifs et leur prise en charge dans des structures de santé appropriées.

De nos jours, le sport est une véritable entreprise économique dont le profit va aux nations qui consentent des investissements humains et matériels proportionnels à leurs  ambitions. Pour les réformes nécessaires au rayonnement du sport dans notre pays, le Mali dispose d’un atout majeur en la personne du ministre des sports Harouna Modibo Touré. En effet, depuis son arrivée à la tête du département des sports et de la jeunesse, le ministre Touré s’est illustré par son engagement et sa disponibilité  à œuvrer  pour le bien-être de la famille du sport et de la jeunesse. Son implication dans la résolution de la crise qui a secoué la Femafoot  pour éviter une suspension du pays  à la Can Egypte 2019, et sa neutralité dans la mise en place du nouveau bureau de la fédération révèlent si besoin en est, la disponibilité du ministre à accompagner les acteurs du sport sur tous les sentiers novateurs. Il revient donc à la famille du sport de mettre à profil cet atout majeur que constitue le ministre Touré pour engager des reformes à hauteur des défis actuels. L’initiative du réseau des Reporters Culturels et Sportifs sonne comme une invitation et mieux une alerte qui mérite l’attention de tous et de chacun.

Bouba Sankaré

Source:Le FORUM

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