Fonction de ministre de la justice: Noble tâche, mission risquée
Accepter la charge de rendre justice dans un pays comme le notre est d’une noblesse extraordinaire, mais son exercice comporte tous les risques. Depuis fort longtemps, la soif de justice du Malien est hors du commun, comme d’ailleurs pour tous les peuples d’Afrique. La corruption, la mauvaise répartition de la justice ainsi que de nombreux travers de l’institution, ont de tout temps fait l’objet de dénonciation et de critique. Mais il semble que l’institution ait survécu à toute tentative de réforme et de gestion transparente. La vague de mécontentement dont fait l’objet l’actuel titulaire de la fonction est l’illustration la plus parfaite, si besoin en était de la soif de justice de l’ensemble des Maliennes et Maliens. Le corps judiciaire n’a pas bonne presse auprès de l’opinion nationale à cause de nombreux travers supposés ou réels qu’on lui impute. Dès lors, il apparait que ce n’est pas chose aisée de vider des ressentis cumulés au fil de nombreuses années.
Le ministre Konaté, n’est pas un novice en matière de justice. Il a même une forte réputation et un CV des plus élogieux. Cela suffit-il pour remettre sur pieds une institution à l’échelle nationale et panser toutes les plaies laissées par autant d’année d’exercice ? La gestion du problème judicaire du célèbre animateur Ras Baht incline à penser le contraire. Le ministre a-t-il manqué de hauteur de vue ou a-t-il simplement été victime d’un ressenti populaire longtemps refoulé ? Au Mali, chacun a une anecdote, a raconté sur la répartition de la justice. Ils sont nombreux, les hommes et les femmes qui estiment qu’ils ont été victime de la justice à deux vitesse en cours dans le pays depuis longtemps. Les exemples d’arbitraire à tord ou à raison font légion. Ils partent des affaires retentissantes de jugements corrompus jusqu’aux abus de pouvoir impuni. La liste de ressentiments contre notre système judiciaire est très longue .Pourtant les juristes de renommé ne manquent pas. Entre autre il y’a les regrettés maître Hamassiré Ndouré, Demba Diallo, Tièmoko Diatiguiya Diarra et ceux qui sont au service de l’institution dont l’actuel ministre de la justice, Abdoulaye Amadou Ndiaye, Manassas Danioko, Hamidou Diabaté, Benké Kamité, Margate Saye et maitre Gakou pour ne citer que ceux-ci.
L’opinion la plus partagée est que le ministre devait s’attaquer dès sa nomination aux dossiers de corruption en souffrance depuis pas mal d’année au lieu de tomber à bras raccourci sur un animateur de radio dont la faute serait mineure, comparée à d’autres. Cette perception n’est certes pas la bonne, mais elle s’inscrit dans un contexte de ras-le bol ou les nerfs sont à fleurs de peau sur les questions judicaires dans notre pays. Une chose que le ministre ne peut pas ignorer ! Comparaison n’est pas raison, mais tout de même, n’a-t-on pas dit que nul n’est et ne sera au dessus de la loi ?
Les faits antérieurs au cas Ras Baht mériteraient bien un lever de bouclier de la part du ministre pour rééquilibrer son impartialité et surtout sa détermination à traquer l’injustice sous toutes ses formes.
Bouba Sankaré

Comments (0)