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La CMAS : Le déluge - Malikibaru.com
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La CMAS : Le déluge

 

Initialement créée pour accompagner l’Imam après la fin de son mandat à la tête du Haut Conseil Islamique, la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants (CMAS) de l’Imam Mahmoud DICKO  est aujourd’hui dans la tourmente. Cette situation de crise est due à trois faits majeurs : la mise à l’écart des membres fondateurs, la mauvaise gouvernance du Coordinateur, et l’arrivée des arrivistes et opportunistes.

Les jeunes se reconnaissant dans la vision, le leadership et l’expertise de l’Imam lui ont humblement demandé de demeurer sur la scène sociale et politique en sus de son expertise religieuse.

Principalement, nous qui étions à ses côtés  voulions trois choses qui animeront cette forte volonté de créer la CMAS.

Il s’agit de :

  1. Trouver un cadre pour l’Imam de continuer à accompagner la jeunesse malienne dans toutes ses composantes au delà du monde religieux,
  2. Trouver un cadre pour fédérer tous les clubs, les associations et les mouvements se réclamant officiellement de l’Imam DICKO ;
  3. Trouver les moyens pour mieux faire la promotion des idéologies de l’Imam. Le cercle restreint étant  exclusivement composé des jeunes de la ouma islamique, nous décidâmes de l’élargir aux autres. Ce fut notre grand péché d’accepter les gens sans enquête de moralité et en faisant des compromissions sur l’adhésion de certaines personnes. Les élections au niveau communal ou local furent des prétextes pour confirmer certaines personnes.

Dès sa création, un problème de leadership s’est posé parce que la CMAS a eu la chance d’avoir des têtes fortes. Ce problème latent s’est vite révélé par le départ prématuré de certains cadres.

L’approche managériale du Coordinateur axée sur la directive et l’autocratie a vite montré ses limites. La personnalisation de la CMAS par le fait du « prince » Coordinateur fût très désastreuse en interne : les prises de position publique, les oukases, les engagements unilatéraux, les brimades etc.

Le désir d’appropriation de la CMAS  par les populations a poussé les dirigeants à enregistrer des arrivées tous azimuts sans un véritable filtrage.

Cette vague d’adhésion est fort bien compréhensible parce que l’Imam DICKO a été toujours un espoir pour une franche partie de la population malienne. Ce qui explique la mobilisation gigantesque du 10 février et du 05 avril 2019 exigeant le départ du Premier ministre de cette époque. Notons que le soutien du Cherif de Nioro fut inestimable pour ces deux sorties.

Pour  les  intellectuels du mouvement, nous nous sommes laissé faire tantôt par lâcheté, par conformisme ou par naïveté.

Très tôt,  nous fûmes rattrapés par nos propres erreurs, celles de laisser le Coordinateur tout faire en grand maître, la seule option qui s’imposait s’était le conformisme, l’écartement ou le désintéressement. Nous avons perdu de valeureux cadres notamment Bakary DANIOKO, Madani SANGARE, Badara Alou DEMBELE, Oumarou DIARRA, Ahmadou Ndounga MAIGA, Moussa KIMBIRI, le doyen KAMIAN… De nos jours la grande majorité des membres fondateurs sont partis.  C’est dire clairement que la chose est de fait dénaturée. Dans l’équipe des frondeurs très peu de jeunes du monde  religieux, donc ces jeunes n’auront aucun crédit aux yeux de la communauté musulmane et ne seront jamais pris aux sérieux. Le monde religieux du Mali a ses réalités. Ce qui explique la résurrection des Clubs d’Amis de soutien à l’Imam DICKO.
Comme précédemment indiqué, initialement créée pour servir l’Imam, la CMAS s’est servie de lui par le comportement de ses membres les plus influents qui sont dans des grâces ou ont eu le temps de se bâtir un réseau.

Que dire de la CMAS, quand les voies les plus appropriées deviennent celles d’un huissier donc de la justice pour des questions purement internes, lorsqu’on sait que les linges sales se lavent en famille ?

– Que dire de la CMAS,  lorsque nous sommes incapables de gérer nos petits problèmes et à chaque fois solliciter l’avis de l’Imam pour des questions banales. Nous fuyons nos responsabilités tout en cherchant à mettre l’Imam devant les faits accomplis ?

-Que dire de la CMAS, lorsque les « pères » fondateurs sont relégués en second plan au profit des opportunistes, des arrivistes et des activistes ?

– Que dire de la CMAS, lorsqu’on dit haut et fort que la CMAS est purement politique alors que son autorité morale est connue que pour ses œuvres islamiques et humanitaires?

Que dire, que dire ? Sans état d’âme, la CMAS doit supprimer le nom de l’Imam de son entête pour ensuite s’élancer véritablement sur le chantier politique ou procéder à un recadrage par la relecture de ses textes et la désignation de nouveaux membres dirigeants.

La vérité est que l’Imam ne peut pas abandonner ses alliés des décennies  pour des inconnus. Ces alliés sont ses fidèles, ses fils, ses ouailles, ses filleuls, ses enfants, ses talibés. Il n’est pas aussi stratégique de les laisser, fussent-ils le mal, pour un saut dans l’inconnu.

Dr Laya Amadou GUINDO

Membre fondateur CMAS

Maître Assistant  d’Université

Source: Le FORUM

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