Point de presse à l’Assep: « Le régime actuel au Mali occupe la tête de classement des dérives contre la presse »
L’Association des Editeurs de Presse Privée (Assep) a organisé le 15 novembre dernier dans les locaux de son siège à l’ACI 2000 une conférence de presse. L’objectif était de faire le point de l’actualité de la presse, la restitution sur l’état d’évolution du procès de la cour constitutionnelle contre Boubacar Yalkoué, Directeur de Publication du journal le quotidien « Le Pays », non moins le secrétaire général de l’ASSEP et instituer la mobilisation de la presse contre les délinquants de la république.
Dans une déclaration de Bassidiki Touré, Président de l’ASSEP et Directeur de publication du journal « Le Guido » a introduit la conférence. Il a salué la présence de ses confrères qui ont massivement effectué le déplacement. Il a rappelé que toute la presse malienne a suivi avec un intérêt particulier le déroulement des débats au tribunal de la commune V dans le procès de la Cour constitutionnelle contre Boubacar Yalkoué. Il a levé tout le doute sur le professionnalisme du tribunal qui a dirigé le procès jusqu’ici. « C’est le lieu d’affirmer son entière confiance en la justice malienne une fois de plus la presse dans son ensemble reste convaincu que la date du 27 décembre prochain la vérité triomphera », a-t-il souligné.
Le Président de l’Assep a appelé à la mobilisation afin qu’une suite soit donnée à la disparition de notre confrère Birama Touré. Il a réaffirmé le soutien ferme et indéfectible de l’association à tous les confrères faisant l’objet d’acharnement. Il s’agit entre autres de Salif Diarra de maliactu.com, Elhadji Hamidou Touré du journal en ligne malimédia.com, Abdramane Doucouré du journal la Sirène.
Le premier responsable de l’Assep a soutenu que la liberté de la presse est une réalité consacrée par la loi fondamentale de la république du Mali. « Il est inconcevable que les journalistes dans l’exercice de leur profession soient persécutés à un moment au sommet de l’Etat on parle de la dépénalisation du délit de la presse », a-t-il souligné. Il a salué la mobilisation massive et constante en guise de soutien à notre confrère, Boubacar Yalkoué sans oublier ses brillants conseils qui assurent sa défense et tous ont été applaudis par la salle. Il s’agit des : Me Demba Traoré, Me Sidiki Zana Koné, Me Malick Ibrahim Maiga et Me Mamadou Camara.
Au cours de cette rencontre interactive, il a été dénoncé les dérives des régimes depuis l’avènement de la démocratie parmi lesquels, selon le conférencier le régime d’IBK occupe la tête de peloton. La presse ne se laissera pas faire et entend s’assumer vis-à-vis des délinquants à cols blancs de la république.
Les questions des confrères relatives au patronat de la presse, autre faitière de la presse restée en marge par rapport à la mobilisation contre l’acharnement des journalistes, le bicéphalisme au niveau de l’Assep, le harcèlement contre des journalistes et menace de mort, l’affaire dite Cité de la presse, l’aide à la presse etc.
Il ressort des débats que depuis l’ascension de régime IBK à la magistrature suprême, il se passe très rarement un trimestre sans qu’un journaliste ne soit menacé de mort, harcelé ou cité de comparaitre devant le tribunal. Sous ATT, il y a eu quelques cas comme la fameuse affaire « La maitresse du Président » qui a vu l’emprisonnement puis la condamnation de plusieurs célèbres directeurs de Publication.
De nombreux intervenants ont salué cette initiative et invitent l’ASSEP à parler entre nous avec certains confrères pour plus de professionnalisme.
Est-ce que la cour constitutionnelle du Mali a porté plainte ou Manassa Danioko ? En réponse relative à cette question posée, Bassidiki Touré dira que cela a fait partie des exceptions soulevées par les éminents conseils qui voudraient qu’elles soient jointes au dossier, mais les juges n’ont pas voulu. Il a réitéré sa confiance en la justice tout en appelant le juge en charge de dossier à ne céder aux pressions extérieures.
Concernant la question sur le bicéphalisme de l’ASSEP, il dit de tenir un discours rassembleur. Il a informé l’assistance de la médiation entreprise par la Maison de la presse. « Jusqu’ici nous serons ouvert au dialogue », a-t-il souligné.
S’agissant des plaintes récurrentes contre les journalistes, le président de l’Assep lance : « nous allons nous dire toutes les vérités au sortir des dossiers que nous ayons sous la main ».
Pour l’aide à la presse, si le régime actuel avait fait une petite augmentation de 100 millions à son arrivée au pouvoir en 2013 que la presse s’en réjouissait, elle déplore que le montant n’est une goutte de verre d’eau dans la mer au regard de l’environnement médiatique qui compte aujourd’hui environ 500 radios, une centaine de journaux privés et une dizaine de télévision. Les 300 millions d’aide répartis entre 600 organes de presse. C’est dérisoire, dit-il. Cette année, a-t-il fait savoir, les autorités ont mis à la disposition de la presse un montant de 171 millions. Il a fait part de son combat pour institutionnaliser l’aide à la presse comme celui des partis politiques. « Nous allons travailler en synergie avec les autorités qui y travaillent dans le domaine pour parvenir à satisfaction », a-t-il ajouté.
Pour l’affaire dite « Cité de la presse », il dira que le bureau sortant avait confié le dossier Ibrahim Coulibaly, le seul en mesure d’édifier.
A D
Source : FORUM

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