La suspension du Mali par la CEDEAO:L’analyse de Mamadou Camara 

 

Les inquiétudes de l’organisation ont été  prises en charge par les nouvelles autorités de la Transition grâce à la volonté politique affichée d’Assimi Goïta face à ses hôtes de la sous-région.L’Organisation sous-régionale dans son compte rendu public qui date du 9 juin 2021, publié sur les réseaux sociaux, a invité tous les partenaires régionaux,  et internationaux du Mali à assister et à accompagner la transition en cours.

 

Donc,  cette mission de la CEDEAO qui a séjourné au Mali du 8 au 9 juin 2021, un jour après l’installation du tout nouveau président de la Transition de la Rectification du 25 mai 2021 ; le Colonel ASSIMI GOÏTA, est repartie assez satisfaite de l’évolution de la transition dirigée par les nouvelles autorités.

 

Maintenant, nous pouvons de manière générale penser que l’essentiel des  préoccupations de la CEDEAO,  notamment l’engagement des nouvelles autorités de la transition,  à respecter le délai des 18 mois impartis pour en finir avec la transition et remettre le pouvoir aux civils, toute chose qui a constitué l’ossature du discours d’investiture du Président de la Transition,  Chef de l’Etat,  Colonel Assimi Goïta lors de sa première prise de parole solennellement face à son peuple et aux partenaires de la communauté internationale, le 7 juin 2021 au Centre de conférences internationales de Bamako. « La nouvelle situation nous offre l’opportunité de remettre le processus de la Transition dans le sens souhaité par le peuple…..Je voudrais en votre nom rassurer les organisations sous-régionales, régionales et la communauté internationale en général que le Mali va honorer l’ensemble de ses engagements pour l’intérêt supérieur de la Nation. », avait insisté Assimi Goïta lors de sa allocution solennelle du 7 juin 2021.

 

Une autre préoccupation de la CEDEAO était la formation d’un gouvernement transitoire inclusif. A ce niveau,  nous pouvons affirmer également que sous l’impulsion du président Goïta,  son premier ministre Choguel Kokalla Maiga, sorti des rangs du M5-RFP a donné des gages quant à cet aspect. Cependant en attendant de voir maintenant ce point se concrétiser au vu de la composition du gouvernement avenir, nous pouvons dire à présent que même avec la volonté politique affichée à ce niveau des nouvelles autorités,  il y aura toujours mécontents.

Les Maliens ne doivent pas oublier la situation dans laquelle le pays se trouve et qu’il faudrait aller très vite à l’essentiel, c’est-à-dire l’installation d’un pouvoir démocratique légitime post-transition. « Ma conviction profonde est que les filles et les fils de ce pays dans un élan de solidarité et d’un engagement commun ne pourraient nullement échouer s’ils se donnaient la main en transcendant les divergences et leurs contradictions lorsqu’il s’agit du Mali, ce pays qui nous a été légué par nos devanciers », a dit le président Goïta  dans son discours d’investiture, et  cela à mon humble avis est très important.

La satisfaction de ces deux préoccupations principales de la CEDEAO  voudrait dire,  et si c’était le cas, il n’y aurait plus aucun obstacle à la levée de la suspension qui frappe notre pays au sein des instances de la CEDEAO, de l’UA et des autres organisations et partenaires internationaux.

Reste à l’ensemble malien de se souvenir de leur passé glorieux et mériter cet héritage en s’unissant autour de leur pays, aux fins d’en faire un acteur majeur, sérieux et crédible dans le concert des nations. Et,  plus que jamais,  un appel à la capacité des autorités à concilier les aspirations du peuple avec le desiderata de la communauté internationale servira de paramètre pour juger de la qualité de la transition, au jour de la remise des clés aux  futures autorités démocratiques et légitimes issues d’élections générales de 2022 qui mettront fin à la transition de 18 mois , mais également et surtout de la qualité des « Institutions » que la transition aura mises en place notamment les réformes institutionnelles.

Le Gouvernement Maïga, doit dès l’abord savoir que si à présent  la communauté internationale continue à paraître comme un gendarme à travers les interférences continues dans notre pays, c’est parce que la gouvernance publique est trop décriée par les populations, elles-mêmes, et cet état de fait les amène à s’en plaindre. Et à chaque fois que nous ne parviendrons pas à transcender nos divergences (le linge sale se lavant en famille, a-t-on coutume de dire), et à nous remettre en question, nous devenons toujours fragiles. L’intervention de l’extérieur empiète et porte toujours atteinte à la souveraineté nationale d’un État.

Dans son nouveau gouvernement, le Premier ministre Maiga doit faire en telle sorte que la culture de reddition soit de mise dans la gouvernance publique. Il ne devrait pas perdre de vue que le peuple sera regardant désormais sur la gestion faite en son nom par les pouvoirs publics.

 

Mamadou Camara  dit Madou’s 

Agronome et Communicateur 

E-mail : Layakamadou@yahoo.fr 

Téléphone portable : 00 223 76 26 99 97 

Bamako,  République du Mali

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